1521 janvierfev
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Caesar CAESARIANO rapporte, dans un ouvrage édité en 1521 (Vitruvio de Architectura Libri Decem, traducti de latino in vulgare da Caesar Caesariano, Como 1521. Livre 1, feuillet 23, verso) l’expérience que fit don Papnutio, un moine bénédictin, malheureusement sans préciser la date et le lieu :
« Dans le volet d’une chambre close de toutes parts, Papnutio plaçait un tronc de cône dont la grande base avait 13 cm environ, la petite 5 cm. Dans cette base, une très petite ouverture laissait passer les images du dehors que l’on recueillait sur un papier blanc. Toute la terre et tout le ciel y sont contenus avec leurs couleurs et leur dessin. »
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| 1535 |
Albrecht DURER (1471-1528, peintre et graveur allemand, principal maître de l’école allemande, il manifesta son génie dans la peinture à l’huile, l’aquarelle, la gravure sur bois et sur cuivre) inventa plusieurs machines à dessiner, plus précises et plus pratiques, dont la mécanique est encore employée aujourd’hui. Il innove en inventant un point fixe pour l’oeil.
Machine à dessiner d'Albrecht DURER en 1535. Gravure extraite de l'ouvrage Institutionum geometricarum libri quatuor.
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| Janvier 1544 |
Gemma FRISIUS (1508-1555, mathématicien hollandais) utilise la chambre noire pour observer les éclipses solaires. Il n’apporte donc aucune amélioration à la chambre :
« Il existe (pour observer les éclipses) un autre procédé de beaucoup le plus sûr et le plus facile de tous et qui nous a été indiqué par Erasme RHEINOLD dans ses commentaires d’une Théorie de Peurbach (ou Purbachius, imprimée à Venise en 1488). Entre les murs d’une chambre dont toutes les fenêtres sont closes, on laisse entrer un rayon de soleil par une étroite ouverture ronde et on le reçoit sur un tableau uni... Nous avons ainsi observé une éclipse de soleil à Louvain en l’année 1544. »
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| 1545 |
Jérôme CARDAN (Girolamo CARDANO, 1501-1576, mathématicien, médecin et philosophe italien. Inventeur du mode de transmission qui porte son nom et de la résolution des équations du troisième degré) décrit lui aussi la chambre obscure : « s’il vous plaît de voir ce qui se passe dans la rue quand le soleil brille, placez dans la fenêtre un disque de verre et, la fenêtre étant fermée, vous verrez les images projetées à travers l’ouverture sur le mur opposé ; mais les couleurs sont ternes. Placez donc un papier très blanc sur l’endroit où les images sont projetées... ». CARDAN se rapproche un peu de la chambre noire que nous connaissons en remplaçant le sténopé par une lentille de verre, sans aucun doute convergente.
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| 1558
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L’invention de la chambre noire a été attribué jusqu’au 19ème siècle, à tort d’ailleurs, à l’italien Giovanni Battista (Jean-Baptiste) DELLA PORTA.
Il est né à Naples, entre 1540 et 1550, il y mourut le 4 février 1615. Il laissa derrière lui une réputation d’un grand savant et d’un homme pieux. Enfant, il a reçu une excellente éducation en compagnie de son frère Vincent. Les deux frères, célibataires et partageant le même logis, ont apparemment réalisé tous leurs travaux scientifiques ensemble. A en croire certains auteurs, Jean-Baptiste n’était que l’écrivain et Vincent le véritable inventeur. Jean-Baptiste voyagea beaucoup (France, Espagne, Italie) et fréquenta assidûment les bibliothèques, recherchant savants et professeurs. Son savoir fut donc important. A travers ses écrits, qui touchent de nombreux sujets tels que l’astronomie, l’optique, l’astrologie, la physique et la chimie, PORTA cherchait surtout à émerveiller son lecteur et à tirer une grande notoriété en publiant des expériences scientifiques jusqu’alors inconnues du public et toujours conservées presque secrètes par les savants. C’est ce qui fit sa renommée et ce qui explique qu’il demeura longtemps dans l’opinion comme étant l’inventeur de la chambre noire. PORTA n’est donc pas un inventeur mais plutôt un compilateur de données.
Dans « La magie naturelle » (1558), PORTA décrit le principe de la chambre noire. Sa description ressemble à celle faite par Caesar CAESARIANO, auteur dont il avait certainement lu l’ouvrage. Voici la description qu’il en fit :
« La manière d’apercevoir dans les ténèbres les choses qui, au dehors, sont éclairées par le soleil et avec leurs couleurs. Si quelqu’un veut voir cela, il faut qu’il ferme toutes les fenêtres et bouche jusqu’aux moindres ouvertures, de peur qu’un peu de jour, entrant à l’intérieur, ne fasse tout manquer. Il faut laisser une seule lumière qui passera par un trou conique que l’on aura foré, la base tournée vers le soleil, la pointe du côté de la chambre. En face, on conservera le mur blanc ou on couvrira ce mur d’une toile ou d’un papier. On apercevra alors tout ce qui sera éclairé par le soleil, ainsi que les passants dans la rue, mais les pieds en l’air et ce qui est à droite sera à gauche. Tout sera renversé. Les images seront d’autant plus grandes que le papier sera plus loin de l’ouverture ; mais si l’on rapproche le papier, elles deviendront plus petites. Maintenant je vais dévoiler une chose que j’ai toujours tue et cru convenable de taire : si l’on veut voir toutes choses avec leurs couleurs, à la place du papier, qu’on mette un miroir. Non pas un miroir qui disperse les rayons, mais un qui les rassemble. Eloignez-le ou rapprochez-le jusqu'à ce que vous ayez trouvé la bonne distance où l’image est au centre du miroir et le spectateur avec un peu d’attention, reconnaîtra les visages, les gestes, les mouvements des personnages... Il résultera de ceci que quelqu’un qui ignore l’art du peintre pourra dessiner, à l’aide d’un crayon ou d’une plume, l’image de n’importe quel objet ».
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| 1566
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Georges FABRICIUS (1516-1571, médecin et alchimiste) découvre un mélange de sel marin et de sel d’argent, aujourd’hui connu sous le nom de chlorure d’argent. Il constata que la solution blanche noircissait facilement lorsqu’elle était exposée à la lumière.
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| 1570 |
Nouvelle description de la chambre noire par Daniello BARBARO (1513-1570) dans « Patrica della Prospettiva » ou pratique de la perspective et il y indique la même observation faite par DE VINCI : « Fermez les volets et portes pour empêcher toute lumière de pénétrer dans la camera, autrement que par la lentille. Placez devant celle-ci une feuille de papier que vous approcherez ou éloignerez jusqu'à ce que le sujet apparaisse dans ses plus fins détails. Vous verrez alors, sur le papier, tout le paysage tel qu’il existe dans la réalité, avec ses lointains, ses couleurs, ses ombres, sa mobilité avec les nuages, les scintillements de l’eau, les oiseaux en vol. En fixant le papier, l’ombrer et la colorier finement d’après nature ».
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